Ferrare (Ferrara en italien) est une ville anciennement gouvernée par la famille d’Este, dont le centre historique figure au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995. Son nom paraît pour la première fois dans un document d’Aistulf, roi des Lombards, datant de 754, comme faisant partie de l’exarchat de Ravenne. En 757, après l’intervention de Pépin le Bref contre le royaume des Lombards, le ducatus Ferrariae est offert au pape qui le cède en 986 au marquis de Toscane Tedaldo di Canossa, qui fait construire un château. Nicolas III au 15e siècle a fait de Ferrare une importante cité de plus de 30 000 habitants grâce à des alliances matrimoniales judicieuses, une diplomatie habile, une administration efficace et des dépenses fastueuses. Elle devient une des principales puissances d’Italie du Nord, passage obligé entre la Lombardie et les États du pape.
Le monument le plus important de la ville est le château d’Este, en briques à plan carré doté de quatre tours défensives, situé en plein centre-ville. Il fut construit à partir de 1385 à la suite d’une révolte qui se termina par le massacre du ministre des Octrois. Niccolò II d’Este, marquis de Ferrara, comprit la nécessité de construire une puissante défense pour sa famille et fit contruire le château de San Michele avec l’architecte Bartolino de Novare. Il s’inspira de la tour des Lions (dans les anciens remparts) et érigea trois autres tours en les reliant avec des murs imposants. Lorsque les risques de révoltes cessèrent, le château joua un rôle de refuge en cas d’attaque, de garnison ducale et de prison. En 1450, son fils Borso d’Este fait aménager une des ailes pour installer sa cour.
Hercule Ier. Ce dernier fait réaliser une voie couverte, terminée en 1479, pour relier le château à la vieille résidence ducale, le Palazzo del Corte. Après la tentative de coup d’État de 1476, la duchesse Éléonore décide en 1477 d’y résider avec ses enfants. Des appartements peints et décorés de tapisseries y sont aménagés. Ils occupent la tour de la Marchexana et l’aile nord en direction de la Torre San Michele, dotée d’un balcon fermé au plafond sculpté et soutenu par des colonnes peintes et décoré d’une vue de Naples, souvenir des origines d’Éléonore d’Aragon. En 1477, la duchesse fait aménager au nord-est du château et séparé de lui par des douves, un jardin planté d’arbres fruitiers entouré de murs, doté d’un étang à poissons. De nouveaux appartements sont aménagés tout autour avec des communs et une salle de bains. Le pavillon de la fontaine, situé en son centre, au toit surmonté d’une statue dorée d’Hercule et supporté par seize colonnes, abrite les dames de la cour lors des fortes chaleurs estivales. En 1481, Éléonore d’Aragon fait construire de nouvelles salles autour du jardin dont une loggia peinte et sculptée. Trois ans plus tard, un oratoire et de nouvelles chambres sont ajoutés à l’étage ; en 1489, une chapelle est construite et l’ensemble est réaménagé. Ce jardin secret est avant tout un lieu de retrait pour la duchesse et ses enfants, mais il reçoit parfois des visiteurs[2].Les travaux donnant au château son aspect actuel furent commissionnés par Hercule II en 1544 après un incendie qui avait endommagé la structure d’origine. L’architecte Girolamo da Carpi donna au château son aspect extérieur que purent représenter les artistes du XIXe siècle et que l’on peut admirer encore aujourd’hui, tandis que les milieux à l’intérieur furent refaits plusieurs fois au cours des siècles. Après le départ des ducs d’Este, le château fut le siège des vice-légats, ou gouverneurs papaux de la ville, qui administraient le territoire pour quatre ans. Ils n’apportèrent que quelques transformations au bâtiment, dont la plus évidente fut la plus grande élévation de l’avant-corps nord (où actuellement il y a les salles abritant la cafétéria). Après l’unification de l’Italie il fut acheté par l’administration provinciale, qui en est encore la propriétaire.
L’extérieur du château présente l’aspect que lui donna Girolamo da Carpi dans la deuxième moitié du 1500. Entouré par une douve, il garde trois entrées avec pont-levis, protégées par des avant-corps en brique. La quatrième entrée, à l’est, fut sacrifiée pour laisser la place aux cuisines.
La partie la plus basse du bâtiment évoque encore une forteresse médiévale, mais en haut Carpi substitua les crénelures avec d’élégantes balustrades en pierre blanche, et édifia un deuxième étage couvert d’un toit en pente. Les tours furent rendues plus élégantes par la construction des miradors. La cour, aujourd’hui plutôt austère, était autrefois décorée à fresques, comme on peut encore remarquer dans quelques endroits. En haut, en particulier, se trouvaient les portraits des ancêtres (vraies ou prétendus) des Estes : les seuls qui ont survécu, endommagés mais lisibles, ont été détachés et mis sous le portique dans la cour. Les puits étaient destinés à l’approvisionnement d’eau à l’occasion des sièges, tandis que les boulets en pierre aux quatre coins de la cour étaient des munitions pour les catapultes.Loggia et jardin des OrangersC’est un petit jardin suspendu destiné aux duchesses et à leurs amis intimes, d’où ils admiraient la ville sans être vus et en jouissant du parfum des fleurs des orangers. Le mur d’enceinte fut projeté par Girolamo da Carpi dans la deuxième moitié du 1500. La terrasse était décorée, tout comme aujourd’hui, de grands pots d’agrumes autour desquels on disposait en parterre de petits pots d’autres plantes. La loggia servait de refuge ombragé pour les nobles visiteurs pendant la saison chaude et de serre pour les plantes en hiver.
Le Palazzo del Municipio (hôtel de ville), reconstruit au cours du XVIIIe siècle, fut la première résidence de la famille d’Este qui est aussi à l’origine de la construction du Palazzo Schifanoia (« Sans Souci ») pour Alberto V d’Este en 1385.Le palais municipal (Palazzo Municipale en italien), appelé initialement le Palazzo del Corte[1] de Ferrare est situé sur la Piazza del Municipio. C’était la résidence ducale des Este qui fut leur ancien palais privé avant de devenir le siège de leur pouvoir[1], jusqu’au XVIe siècle, lorsque la cour a déménagé dans le château d’Este voisin. C’est aujourd’hui le siège de la municipalité de Ferrare.La Volto del Cavallo permet d’accéder à la cour ducale (maintenant Piazza del Municipio ) où sont visibles les fenêtres en marbre des appartements des Este, le grand escalier construit en 1481 sur un projet de Pietro Benvenuto degli Ordini et l’ancienne chapelle de la cour, maintenant la salle Estense utilisée principalement pour des conférences et des spectacles. En 1638, dans le Palazzo Ducale d’alors, eut lieu la première représentation d’Andromeda de Michelangelo Rossi (une musique aujourd’hui disparue).Le bâtiment est construit en brique, matériau aussi bien utilisé pour la décoration des façades, des corniches en terre cuite que pour les encadrements des portes et des fenêtres. La pierre, plus rare et plus chère, est amenée d’Istrie et de Vérone. Elle est utilisée avec parcimonie pour souligner les architectures des Loggias, des fenêtres, des colonnes et les pilastres, des grands escaliers et des fontaines[1].
Près de l’hôtel de ville se trouve la cathédrale Saint-Georges, construite par Guglielmo degli Adelardi (mort en 1146) et consacrée en 1135 quand furent achevées la façade principale et les façades latérales romanes. Les arcades de la partie supérieure de la façade sont du XIIIe siècle et l’intérieur fut restauré dans le style baroque à partir de 1712. Le campanile, de style renaissance fut réalisé en 1451-1493 et achevé à la fin du XVIe siècle.La cathédrale Saint-Georges de Ferrare (en italien : Basilica Cattedrale di San Giorgio) est une basilique italienne et la cathédrale de la ville de Ferrare, en Émilie-Romagne. Elle est le plus grand édifice religieux de la ville.Dédiée à saint Georges, saint protecteur de la ville, elle est située dans le centre-ville, non loin du Palais municipal et du célèbre château d’Este, et reliée à l’archevêché par un passage couvert.La basilique a été commencée au XIIe siècle, lorsque la ville s’est étendue vers la rive gauche du Pô. L’ancienne cathédrale, également dédiée à saint Georges, existe toujours sur la rive droite de la rivière. Le nouvel édifice fut commencé en 1135, et le maître-autel fut consacré en 1177[1]. Cela indique que 42 ans après la première pierre, au moins la partie orientale de la cathédrale était presque achevée, soit un bon rythme pour la construction d’une grande église médiévale.Sur le côté sud se trouvent deux galeries de phases différentes du gothique. Le campanile en style Renaissance italienne, construit entre 1451-1493 en marbre rosé et blanc, mais inachevé, est attribué à Leon Battista Alberti.