Le Vieux-Port de Marseille est le plus ancien port de la ville mais également son centre historique et culturel (voire économique jusqu’au milieu du XIXe siècle). Le bassin est aujourd’hui réservé à la plaisance et la promenade, avec l’Hôtel-de-Ville, le marché de poisson frais, les restaurants et une vue panoramique sur la basilique Notre-Dame-de-la-Garde, souvent surnommée « la Bonne Mère », dédiée à la protectrice de Marseille (avec Saint Victor). Cet édifice religieux se situe sur un piton calcaire de 149 m d’altitude surélevé de 13 m grâce aux soubassements d’un ancien fort. La basilique comporte une église basse (creusée dans le roc et de style roman) et au-dessus une église haute de style romano-byzantin, décorée de mosaïques. Au sommet d’un clocher carré de 41 mètres de haut, se dresse une statue monumentale de 11,2 mètres de la Vierge à l’Enfant réalisée en cuivre doré à la feuille. A l’origine, en 1214, a été construite une chapelle dédiée à la Vierge Marie, remplacée par un prieuré en 1256, puis, au début du XVe siècle, par une chapelle richement dotée dédiée à saint Gabriel. La version actuelle de ND de la Garde fait suite à une autorisation donnée par le ministre de la guerre le 5 février 1852 pour remplacer le fort militaire. Le 23 juin 1853, l’architecte protestant HJ Espérandieu est nommé et met au point le projet. La pose de la première pierre a lieu le 11 septembre 1853. Les travaux sont très pénibles à cause des fondations dans une roche très dure. Des difficultés financières apparaissent rapidement. La consécration du sanctuaire est donnée le 5 juin 1864. Suivront le dallage en mosaïque, le clocher carré, le décor intérieur, etc. Au final, l’achèvement définitif de la basilique a lieu en 1897.
En descendant la colline, un passage obligatoire s’impose par l’Ombrière-Miroir imaginée par Norman FOSTER et Michel DESVIGNE lors de la réhabilitation du Vieux Port en 2013. Une halle qui permet de voir le monde à l’envers et d’apercevoir des détails d’architecture auxquels le promeneur ne fait pas attention.
Il faut se promener ensuite vers l’Eglise Saint Vincent de Paul – Les Réformés qui doit son nom à l’emplacement d’une ancienne chapelle des Augustins Réformés, détruite après le Concordat. Le nouvel édifice fut conçu par l’architecte François Reybaud qui adopta le style gothique du XIIIe siècle. La première pierre fut posée le 22 avril 1855. De multiples aléas retardèrent le chantier. Une collecte et la charité des paroissiens permirent d’inaugurer l’église le 20 septembre 1886, qui a été inscrite au titre des monuments historiques en 2015. D’une longueur intérieure de 61 mètres et d’une largeur intérieure de 28 mètres, l’église arbore deux très belles flèches d’une hauteur de 76 mètres. A noter également de superbes portes en bois de chêne, ornées de panneaux de bronze réalisés par Caras-Latour.
Enfin, il faut s’aventurer au musée des Beaux-Arts créé en 1802, à la suite de l’arrêté du ministre de l’Intérieur Jean-Antoine Chaptal qui prévoyait d’envoyer dans plusieurs villes de province des tableaux, sculptures et objets d’art. Le couvent des Bernardines est choisi pour servir de lieu de dépôt mais est devenu rapidement trop petit. Il faudra néanmoins attendre la réalisation du Palais Longchamp qui commémorait avec faste l’arrivée des eaux de la Durance à Marseille et mettait un terme à la sécheresse de ville. Fut construit un château d’eau avec cascades, relié de part et d’autre par une colonnade à deux bâtiments destinés à accueillir le Muséum d’histoire naturelle et le musée des Beaux-Arts, qui ouvrit ses portes le 1er janvier 1873. Enceinte, statues, colonnades ou jeux d’eau concourent à la magnificence du lieu tout aussi réputé pour la promenade que pour la richesse des collections.