Vienne – Isère – Avril 2024

Vienne est une commune française considérée comme un lieu de présages par l’Empire romain. Vienne aurait été promue en 40 av. JC par Jules César sous le nom de Colonia Julia Viennensis. Autre possibilité, les Romains furent chassés de Vienne en -62 lors de la révolte de Catugnatos. Octave aurait réinstallé une colonie après un de ces évènements. Vienne devient rapidement un centre important du commerce et des échanges avec la Méditerranée. De vastes entrepôts découverts à Saint-Romain-en-Gal témoignent de cet essor.

La cathédrale Saint-Maurice est mentionnée dès 314 et devient le siège de la Primatie des Sept Provinces. Elle a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques en 1840. Il ne reste aucune trace de construction antérieure au Xe siècle. Le bâtiment actuel est construit entre 1120 et 1150 dans le style roman. L’édifice a beaucoup souffert des guerres de Religion avec la destruction de la plupart des vitraux et des sculptures de la façade (qui reste néanmoins très bien travaillée). A voir également pour ses trois vaisseaux, sans transept, avec trois étages.

Les ruines de l’ancien château fort de la Bâtie du XIIIe siècle se dressent sur les hauteurs de Vienne. Le site a été inscrit au titre des monuments historiques en 1926. Le château servit de lieu de résidence aux archevêques de Vienne jusqu’au milieu du XIVe siècle. Très endommagé durant les guerres de religion, il fut partiellement rasé et mis hors d’usage en 1633, sur ordre de Richelieu.

Le cloître Saint-André-le-Bas est de taille modeste. Construit dans la seconde moitié du XIIe siècle, il est le seul élément des bâtiments conventuels encore en état. Le duc d’Ansemond est réputé pour avoir fondé cet abbaye, par son testament de 543, qui est vraisemblablement un faux établi par l’archevêque Adon, pour affirmer les droits de l’Église. Le premier acte authentique est de 831. Au XIe siècle, elle devient une des abbayes les plus puissantes du diocèse de Vienne. Le cloître du XIIe siècle se présente comme un quadrilatère irrégulier, vraisemblablement contraint par les substructions antiques.

Le temple romain d’Auguste et de Livie édifié au début du Ier siècle est dédié au culte impérial, pour honorer Auguste et son épouse Livie. Le temple est devenu église paroissiale jusqu’à la Révolution française, puis temple de la Raison et enfin tribunal de commerce. Avec la Maison carrée de Nîmes, il est le seul édifice de ce type aussi bien conservé dans l’ancienne Gaule. Il a été classé au titre des monuments historiques en 1840. D’une longueur totale de 27 m sur une largeur de 14,25 m et sur une hauteur de 17,36 m.

Le Théâtre antique a été édifié au Ier siècle et classé au titre des monuments historiques en 1840. La cavea ancrée à la colline de Pipet est ouverte à l’ouest et comporte 30 gradins pour le mænianum supérieur, séparé des 12 gradins du mænianum inférieur. Une partie de l’orchestra et des 4 gradins contigües a conservé son revêtement de marbre. Le théâtre présente un diamètre de 130 m et un axe est-ouest d’au moins 79 m. Les quelques pans restants donnent une idée du luxe du site qui pouvait accueillir jusqu’à 14 000 spectateurs (troisième plus grand de Gaule après Autun et Mandeure).

Le site archéologique de Saint-Romain-en-Gal abrite de magnifiques vestiges gallo-romains dont les thermes des Lutteurs (construits vers 65). Un grand musée et une promenade à ciel ouvert permettent de comprendre l’organisation du quartier résidentiel au temps des Romains : habitats, mosaïques ou commerces. Le site est classé monument historique en 1983.

« de 5 »