Pérouges est une commune du département de l’Ain, connue pour sa cité médiévale juchée sur un mamelon (303 m d’altitude), permettant une vue sur les Alpes et montagnes du Bugey (Jura). Ce site présentait tous les avantages d’un oppidum (facilités pour sa défense et visibilité à 360 degrés). L’idée de fortifier Pérouges est venue vers 1100, lorsque le comte du Forez donne la ville en fief à Guichard Ier, seigneur d’Anthon. A la fin du XIe siècle, avantageusement placée sur la voie de Lyon à Genève, elle participe au réveil économique de l’Occident, à l’abri de ses remparts. La grande époque remonte à la Renaissance, dès la fin du XVe siècle, avec au niveau architectural ce style caractérisé par les fenêtres à meneaux. Les siècles suivants, le déclin de l’activité économique, notamment le tissage, entraîne inexorablement une diminution de population, accélérée sous la Troisième République.
Le 15 avril 1911, est fondé à Lyon le Comité de défense et de conservation du vieux Pérouges. Son action consiste à trouver des acheteurs de bâtiments qui entreprendront la rénovation. Le Comité devient ainsi propriétaire du bâtiment de l’Ostellerie où il installe son siège. Son investissement a été conforté en 1912 par le classement aux monuments historiques du quartier de la Porte-d’en-Haut, puis en 1943 pour l’ensemble de la ville. Il faudra cependant attendre le début des années 1950 pour des avancées décisives. Un engouement pour cette ville médiévale surgie de l’oubli se crée progressivement. Les multiples réhabilitations de bâtiments s’accélèrent. De nombreuses personnalités régionales et des artistes (dont Utrillo) défendent le patrimoine de cette cité. Pérouges acquiert peu à peu une grande notoriété, confortée par son classement en 1988 parmi les plus beaux villages de France. La publicité la plus importante a été réalisée par le président des États-Unis. La venue de Bill Clinton le 26 juin 1996 à l’invitation de Raymond Barre, maire de Lyon, avec son discours en faveur de la paix sur la place du Tilleul avant le déjeuner à l’Ostellerie marquera à jamais l’histoire de la cité.
Il faut déambuler dans cette ville, marcher sur ses pavés irréguliers, deviner le contours des rues, chercher ses nombreuses chapelles, se poser et admirer les vieilles pierres. Parmi ce patrimoine historique, nous pouvons citer l’église Sainte-Marie-Madeleine, construite au XVe siècle et un des rares exemples d’église-forteresse. Trois de ses murs étaient aveugles et participaient à la défense du bourg, avec un chemin de ronde en son sommet. Elle a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques en 1912. La place du Tilleul, symbole de la Liberté, planté juste après la Révolution française. Cette place centrale est entourée de magnifiques maisons en pans de bois et encorbellement, dont l’hostellerie du Vieux Pérouges du XIIIe siècle.