Fort Chambly provient du patronyme de Jacques de Chambly, capitaine de régiment, qui construisit le fort Saint-Louis, en 1665, sur ordre de Louis XIV, sur la rive de la rivière Richelieu. Au pied des rapides de Chambly, il constitue un des plus importants vestiges de l’architecture militaire des XVIIe et XVIIIe siècles. Il s’inspire des principes des fortifications françaises à la Vauban. Classé lieu historique national en 1920. En 1709, pour améliorer son efficacité face à l’artillerie anglaise, le gouverneur Philippe de Rigaud de Vaudreuil ordonna de remplacer la palissade de bois par une muraille de pierre. En 1760, pendant la guerre de Sept Ans, un détachement de 1 000 Britanniques assiégea le fort Chambly. Paul-Louis Dazemard de Lusignan, commandant de la garnison, négocia sa reddition marquant la fin de la présence française. Mal entretenu et décrépit, le fort fut abandonné dans les années 1850. Natif de Chambly, Joseph-Octave Dion entreprit en 1881 de sauver ce qui était pour lui un véritable monument historique. Il obtint des fonds du gouvernement canadien pour restaurer le bâtiment. Dion habita 35 ans au fort et mourut sur site.
La ville de Chambly est construite autour des rapides et a attiré de nombreux artistes amoureux du site. De belles demeures dans la rue Richelieu (construites parfois au 19e siècle sur des bâtiments de l’armée britannique) témoignent du riche passé de cette cité.
La centrale de Beauharnois est une centrale hydroélectrique construite sur le canal du même nom, qui alimente 36 groupes turbines-alternateurs. Acquise par Hydro-Québec lors de la première nationalisation de l’électricité en 1944, elle a été construite en trois phases entre 1929 et 1961. Elle est désignée lieu historique national du Canada en 1990. Ce site a été concédé en 1729 par le roi Louis XV au marquis Charles de La Boische, marquis de Beauharnois, avec le droit de capter l’énergie d’une petite chute de la rivière Saint-Louis et l’autorisation de dévier le cours du fleuve Saint-Laurent pour maintenir le débit. Le canal construit au 20e siècle est long de 26 kilomètres et large d’un kilomètre. En 1932, sont mises en service six turbines puis les dix suivantes en fonction des besoins entre 1935 et 1941. La deuxième phase débute en 1949 avec 12 turbines, en raison de la forte croissance de la demande dans l’après-guerre. La mise en service du dernier groupe a lieu en 1953. La centrale de Beauharnois est une des plus puissantes du type fil de l’eau.